Le Tartuffe
Une Comédie en cinq actes de Jean Baptiste
Poquelin dit "MOLIERE"
Mise en scène par Serge Pauthe
Décor : Marie Grégoire - Costumes: Olivia Charbonnel
Régie et conception de l'éclairage: Jean Paul Guitteny
Asssitant à la mise en scène: Philippe Gonnet
Dans la Salle des Fêtes de Buis les Baronnies, le vendredi 25, samedi 26, mardi 29
et mercredi 30 juillet à 21h -
le dimanche 27 juillet à 18h
Plein Tarif : 12 € - Tarifs réduits : Enfants de moins de 16 ans et groupe de 8 personnes : 8 €
Adhérents au Théâtre-Ecole, enfants de moins de 12 ans, chômeurs et RMI: 6€
Réservations à l'Office de Tourisme de Buis et Nyons ou au 04 75 28 22 60 - courriel : serge.pauthe@wanadoo.fr
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"Si l'emploi de la comédie est de corriger les vices des hommes,
je ne vois pas pour quelle raison il y en aura de privilégiés..."
Molière
"Tartuffe", comédie de cinq actes en alexandrins, est sans doute l'œuvre de Molière la plus accomplie et la pièce du théâtre classique français la plus jouée depuis 3 siècles et demie. C'est aussi l'œuvre la plus controversée de Molière, une comédie qui fit scandale, condamnée par l'église, interdite par le roi, et dont la genèse s'inscrit dans une lutte d'influence entre les pouvoirs temporels et spirituels de l'époque. Dans une mise en scène originale qui respecte l'intégralité du texte, Serge Pauthe insiste sur le caractère résolument moderne et toujours d'actualité de la pièce.
L'histoire
Un faux dévot, Tartuffe, qui passe aux yeux du bourgeois Orgon et de sa mère Madame Pernelle pour un saint homme, s’est «impatronisé» dans sa famille. Malgré l’hostilité des siens, Orgon entend le marier à sa fille Mariane, mais le faux dévot est surpris par Damis, le fils de la famille, aux pieds d’Elmire, la seconde femme d’Orgon. Faisant preuve d’une habileté diabolique, le faux dévot retourne cependant la situation en sa faveur, fait chasser Damis, et accepte la donation de tous les biens d’Orgon, ainsi que la garde de papiers compromettants. Devant l’aveuglement obstiné d’Orgon, Elmire tend un piège à l’hypocrite et oblige son mari à se cacher sous la table. Tartuffe est enfin démasqué, mais il est maître de tous les biens d’Orgon; seule l’intervention d’un exempt, envoyé par le souverain, permet d’arrêter Tartuffe et sauve la famille d’un désastre.
Tartuffe et le Malade sectaire
La plupart des comédies de Molière dénoncent un défaut, un vice, une faiblesse humaine, une idée fixe. La fatuité des Précieuses Ridicules, l'avarice d'Arpagon, la vanité du Bourgeois Gentilhomme, l'hypocondrie du Malade Imaginaire … Avec Tartuffe c'est de toute évidence l'hypocrisie qui est sur la sellette. Tartuffe est un imposteur, un escroc, un manipulateur de haut vol. Un formidable comédien (hypocrites en grec) qui, sous couvert de dévotion, sous le masque de la piété religieuse, parvient à s'accaparer tous les biens d'une famille qui l'avait secouru et qu'il condamne à la ruine et à l'exil sans état d'âme.Mais Tartuffe est–il le personnage principal de la pièce ? A ses cotés le père de famille Orgon, victime de l'hypocrisie de Tartuffe, incarne lui aussi une dangereuse faiblesse humaine: La maladie sectaire ou l'hypertrophie religieuse. Et si Tartuffe est un faux dévot, Orgon est un vrai malade, obsédé qu'il est par le salut de son âme. Atteint de cette maladie frénétique, fanatique et intégriste qui n'a rien d'imaginaire et dont les ravages n'ont pas d'époque: Une maladie et une faiblesse humaine dont la dénonciation est bien plus dangereuse pour son auteur que celle de l'hypocrisie.Car ce que les dévots du 18ème siècle ont condamné dans le Tartuffe de Molière; ce qui a valu son interdiction pendant 5 ans et la mise à l'index de son auteur pendant 2 siècles, c'est moins l'hypocrisie de Tartuffe, que l'excès de religiosité d'Orgon. Le premier est un renégat que l'église a tout intérêt à condamner avec Molière. Par contre, le fanatisme aveugle du second met en cause les fondements même de la pratique religieuse.Et c'est évidemment ce qui fait toute l'actualité du Tartuffe en ce début du 21ème siècle, incitant nombre de metteurs en scène à en donner une vision contemporaine. A l'heure où partout dans le monde, les sectes évangéliques se multiplient et prospèrent (1), où des fatwas religieuses condamnent à mort des écrivains, des caricaturistes et génèrent aux quatre coins de la planète d'épouvantables attentats terroristes kamikazes (2), on comprend mieux le courage et le génie universel de Molière dans "Tartuffe".
Alain Bosmans
(1) Le député Alain GEST, auteur du rapport de la commission d’enquête sur les sectes et membre du conseil d’orientation de la "Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires" (Miviludes) ne déclarait-il pas le 22 février dernier: «Les mouvements sectaires, utilisent bien souvent des sujets d’actualité qui intéressent les familles, pour manipuler les gens, leur soutirer de l’argent…. Bien souvent en France, ces sectes n’ont qu’une seule idée : qu’on les laisse tranquilles pour qu’elle fassent leur business ….»
(2) Orgon : "Et je verrai mourir frère, père enfants, mère et femme, que je m'en soucierai autant que de cela" (acte 1 scène 5).
Tartuffe : "Et je sacrifierai à de si puissant nœuds, amis, femme, parents et moi-même avec eux…" (acte 5 scène 7).