La Mouette


Comédie dramatique en 4 actes de Anton TCHEKHOV

Les Images du spectacle

La Revue de presse

Représentations à Vaison la Romaine (Théâtre du Nymphée) le lundi 10 juillet 2006 à 21h30
Représentations à Nyons (Théâtre de Verdure) le samedi 15 et dimanche 16, lundi 17 et mardi 18 juillet 2006 à 21h30

Tarifs: 12 € - Tarif réduit (enfants de moins de 16 ans et groupe de plus de 8 personnes) : 8 €

Renseignements et Réservations: 04 75 28 21 93


Distribution

Irina Nikolaievna ARKADINA, actrice : Sylvie DOTTORI
Constantin Gavrilovitch TREPLEV, son fils: Jérôme DEBOULLE
Piotr Nikolaievicht SORINE, son frère : Daniel DEMARS
NINA Mikhailovna Zaretchnaia, fille d'un riche propriétaire terrien. Alexia HAURI
Ilia Afanassievitch CHAMRAIEV, intendant chez Sorine: Guylain SERVONNAT
PAULINA Andreievna, sa femme : Marjane BRINKMAN
MACHA, sa fille: Audrey ROCCHI-BOSSE
Boris Alexeievich TRIGORINE, homme de lettres: Alain BOSMANS
Evgueni Sergueievich DORN, médecin: Gérard MULLER
Semion Semionovitch MEDVEDENKO, instituteur: Louis-Guy PAQUETTE
IAKOV, homme de peine: Tony LAUDRIN
Une cuisinière: Anaïs LONG

Mise en scène de Serge PAUTHE assisté de Jean Louis DEVILLE
Décors de Guylain SERVONNAT construits par Gérard DEBOULLE
Eclairages Pierre VIGNA
Régie: Louis-Guy PAQUETTE et Jean Paul GUITTONY
costumes: Marie GREGOIRE
Bande son: Bruno ESCAFIT



Costumes prêtés par le CHATEAU DE GRIGNAN, la COMEDIE DE ST ETIENNE et Pierre DIEU


Une comédie tragique

Au premier acte, dans la propriété de Sorine, une scène improvisée est dressée près du lac: le jeune écrivain Constantin Treplev, neveu de Sorine, s’apprête à faire jouer la pièce "décadente" dont il est l’auteur. Nina, apprentie comédienne, passionnément aimée de lui, en est l’interprète. Parmi les spectateurs, Arcadina, la mère de Treplev, et son amant, Trigorine, homme de lettres renommé, se moquent cruellement de l’œuvre de son fils, qui, blessé, interrompt la représentation.
À l’acte deux, Treplev dépose aux pieds de Nina une mouette qu’il a eu "la bassesse" de tuer, lui dit son désespoir d’homme et de fils mal aimé, son amertume d’écrivain raté, et annonce son suicide. Nina, dans sa naïveté, est fascinée par l'écrivain de renom qu'est Trigorine, qu’elle idéalise, croyant voir incarnées en lui la "grandeur et la beauté" de l’art.


À l’acte trois, Arcadina et Treplev, qui vient de manquer son suicide, s’affrontent dans une longue scène, mêlant l’injure et la tendresse. Puis Arcadina répète à Trigorine son amour sur un mode exalté. Trigorine et Nina semblent prendre brusquement conscience d’une mutuelle attirance et échangent la promesse de se revoir à Moscou.
Au dernier acte, deux ans se sont écoulés. Sorine est près de mourir. La carrière littéraire de Treplev a avorté. Nina après avoir été séduite, puis rejetée par Trigorine, revient chez ses parents, elle n’est pas devenue une grande actrice. Arcadina et Trigorine répètent indéfiniment leurs anciennes relations. Autour d’eux, on joue au loto, on dîne, on se chamaille, on se plaint, on philosophe à perte de vue. Dans un long échange douloureux avec Treplev, Nina réaffirme sa foi dans l’art et le théâtre, avoue aimer encore Trigorine. Un coup de feu retentit: Treplev s’est tué.

"La Mouette" parle d’art, d’amour et de mort.

Pièce en quatre actes présentée la première fois au Théâtre Alexandra de Saint-Pétersbourg en octobre 1896, "La Mouette" est un texte fondateur qui consacre Tchekhov dramaturge et met en place un langage théâtral inédit et une nouvelle pratique de la scène.

La Mouette est une "comédie" qui abandonne la plupart des lieux communs de la dramaturgie traditionnelle pour leur substituer une écriture complexe et indécidable. On n’y trouvera ni intrigue à proprement parler, ni "héros". La division en scènes est abolie, laissant place à un rythme variable, troué de pauses, marqué de brusques accélérations, qui épouse le mouvement de la vie intérieure et le déroulement des conflits.


Les personnages vont et viennent, ne se rencontrent que pour se quitter. Les intrigues amoureuses sont marquées au sceau de la discordance ou de l’échec. L’instituteur Medvedenko aime Macha qui aime Treplev qui aime Nina qui aime Trigorine, lequel n’aime personne mais est aimé à la fois par Nina et, sur un mode hystérique, par Arcadina. Poursuite éperdue et sans réciprocité, où chacun se sent précipité vers sa propre mort. En contrepoint, seule la sagesse de Dorn, le médecin, met en perspective le questionnement sous-jacent à la pièce: comment vivre dans un monde où chacun court le risque de n’avoir été, comme Sorine, qu’un "homme qui a voulu" ? L’art représente-t-il un véritable espoir de rédemption, le seul chemin "vers la hauteur" ?

TCHEKHOV, au plus prés de la vie

Tchekhov (1860 – 1904) est le maître russe de la nouvelle brève. Si sa création est parfaitement originale, si c’est là le genre où il excelle, il n’en est pas moins un des plus grands auteurs de théâtre qui aura envoûté des générations de spectateurs par la vérité subtile qui se dégage des lents cheminements et des pauses de ses compositions dramatiques.

Le théâtre de Tchekhov, entre émotion et ironie, entre sentimentalisme et cruauté, naturalisme et symbolisme, est la recherche toujours différée d'un humanisme au plus près de la vie. Dans ses ambiguïtés mêmes, il anticipe sur tous les questionnements du théâtre du XXe siècle.
L’art de Tchekhov, allusif, riche de résonances cachées, est le plus elliptique, le plus concentré qu’il y ait eu dans les lettres russes. Une des clefs de son esthétique est de ne pas expliquer, mais de donner des chocs à la sensibilité et à l’imagination du spectateur. Ce dernier est appelé à collaborer avec l’artiste, ne jamais rester passifs. C’est pourquoi Tchekhov ne fait que poser des jalons, entre lesquels il laisse des vides. Le drame des héros Tchékhoviens ne réside jamais dans l’action, mais plutôt dans leur incapacité d’agir. Sous cet art si nuancé couve le sentiment tragique de la vie.


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